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Sollicité par Le Monde, mercredi soir, M. Bayrou a assuré qu'il ne ferait "probablement pas" de déclaration avant le second tour. Il précisait toutefois : "Je ne voterai
pas pour Sarkozy."
Cette fois-ci, il exprime donc explicitement son refus d'apporter son soutien à celui dont il considère qu'"il risque d'aggraver les déchirures du tissu social". Une position qui va à l'encontre du choix exprimé par la majeure partie des élus de l'UDF, notamment ses députés, qui se sont prononcés en faveur du candidat de la droite.
Seul Gilles Artigues, député (UDF) de la Loire, qui a annoncé qu'il voterait blanc au second tour, avait réagi dès l'issue du débat entre les deux finalistes. "On nous avait tellement dit que Nicolas Sarkozy dominerait le débat de la tête et des épaules que la prestation de Ségolène Royal constitue une réelle surprise", note l'adjoint au maire de Saint-Etienne, qui se félicite de "la reprise, par les deux candidats, de nombreux thèmes soutenus par François Bayrou". Pour M.Artigues, "ce débat a fait réapparaître l'affrontement stérile entre la droite et la gauche" et "renforcé [son] choix de vote blanc, malgré les pressions et les risques".
"L'UDF n'est pas un culbuto"
Jeudi matin, Anne-Marie Comparini, députée (UDF) du Rhône, interrogée sur RCF Lyon, a adopté une position identique. "Ce que j'ai entendu hier soir me confirme dans l'idée qu'il faut une
troisième force libre et ni de droite ni de gauche, a estimé l'ancienne présidente de la région Rhône-Alpes. L'UDF n'est pas un culbuto qui va d'un côté ou de l'autre. Vous le savez, à
l'UDF nous n'avons pas de consignes de vote. Mon vote sera donc strictement personnel. C'est un vote blanc qui signifie que ce n'est pas dans l'affrontement mais dans le rassemblement que la
France se remettra d'aplomb."
Maigre consolation pour M. Bayrou, qui ne décolère pas du soutien apporté par la plupart des députés UDF à M.Sarkozy pour le second tour. Un ralliement dont le candidat de l'UMP n'a pas manqué de se prévaloir, mercredi, au cours du débat télévisé, assurant que, "dans la majorité, nos amis de l'UDF ont toute leur place". "D'ailleurs j'observe avec beaucoup de plaisir que la quasi-totalité des parlementaires et des élus de l'UDF m'ont rejoint", s'est-il félicité.
M. Bayrou, plus encore que du "lâchage" de ses élus, s'exaspère des "manœuvres de débauchage" entreprises par le président de l'UMP et ses "affidés". Au lendemain de son élimination au premier tour, il espérait tout à la fois peser sur un processus de recomposition politique et renforcer son groupe parlementaire. Les 6,8 millions de voix qu'il avait recueillies devaient suffire, à ses yeux, à lui assurer la reconnaissance de ses élus.
Si chacun jure de sa "fidélité" au président de l'UDF et de son soutien à la constitution d'un Parti démocrate, M. Bayrou a mal digéré les "effusions" avec lesquelles certains d'entre eux ont accompagné leur ralliement de second tour. "Ils n'étaient pas obligés", observe un proche du candidat centriste.
Après une semaine pendant laquelle il a continué à occuper le devant de la scène, ces défections massives ont renvoyé M. Bayrou à un isolement dont il pensait être sorti. Mercredi soir, il n'y
avait pas un seul député dans son bureau pour suivre le débat télévisé.
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